Le circuit de visite

Découvrir L'Hôtel-Dieu, un palais pour les "pôvres"

Au cours de ses séjours en Flandre, dont le Duc de Bourgogne était également suzerain, Nicolas Rolin s’inspira de l’architecture des hôpitaux du Nord pour concevoir son hôpital. Il fit appel à des artisans beaunois pour l’édification de son Palais pour les « Pôvres ».

Avec ses façades gothiques l'Hôtel-Dieu est considéré comme un joyau de l'architecture médiévale bourguignonne.

L’entrée, signalée par la flèche s’élevant à près de 50 m du sol, est protégée par un auvent remarquablement décoré. L’imposante toiture en ardoise du bâtiment sur rue a été restaurée de 2007 à 2009 et les épis de faîtage ont été dorés à la feuille. Les toits multicolores de l'Hôtel-Dieu sont devenus l'un des symboles de la Bourgogne.

Accueil

La Cour d'Honneur

La cour intérieure est certainement l'image la plus connue des Hospices de Beaune: les toits recouverts de tuiles polychromes en terre cuite émaillée dessinent d'extraordinaire figures géométriques.

Les deux ailes de chambres sont surmontées de multiples lucarnes dont les sculptures et les décors de plomb constituent de véritables œuvres d'arts. Leur chaude polychromie de bois et de terre cuite contraste avec l'aile opposée: le bâtiment donnant sur la rue est volontairement sobre et austère, construit en pierre de taille et recouvert de sa toiture d'ardoise.

Grande salle des «PÔVRES»

Le cœur de l'Hôtel-Dieu

Inaugurée en 1452, la Grande Salle des Pôvres a conservé ses dimensions d'origine (50 m de long, 14 m de large, 16 m de haut). Le mobilier d'inspiration médiévale fut reconstitué lors de la restauration de la salle opérée en 1875, par Maurice Ouradou, gendre de Viollet-le-Duc. L’ensemble donne une belle idée de l’aspect fonctionnel de cette grande salle dès ses débuts.

Un décor somptueux

La charpente en lambris de chêne est ornée de poutres polychromes uniques au monde où des dragons multicolores "crachent" les poutres traversières. Par endroit, le carrelage comme les vitraux et autres décors muraux arborent le monogramme de Nicolas Rolin et Guigone de Salins. La devise «Seulle» qui les accompagne signifie que Guigone était la seule dame des pensées de son mari.

Au-dessus de la porte d’entrée se trouve un remarquable et immense Christ aux Liens datant de la fin du XVème siècle qui faisait face à la chapelle.

La Chapelle

La chapelle fait partie intégrante de la Salle des Pôvres et symbolise la parfaite symbiose entre l'aspect religieux et médical de l 'Hôtel-Dieu. C'est dans cette chapelle que prenait place à l'origine le fameux polyptyque de Rogier van der Weyden, aujourd'hui présenté à la fin de la visite. Guigone de Salins y est inhumée sous une plaque de cuivre.

Salle Saint-Hugues

Créée en 1645 à l'instigation de Hugues Bétault, cette pièce est révélatrice du rôle qu'a pu jouer un bienfaiteur dans l'histoire de l'Hôtel-Dieu. Elle fut de tout temps affectée aux malades, dont la présence est ici largement évoquée.

Peintures murales

Dues au peintre parisien Isaac Moillon, neuf des onze peintures murales illustrent des miracles du Christ. Au plafond est représenté le «miracle de la piscine de Bethzaïda», tandis que le retable de l'autel évoque les guérisons miraculeuses de saint Hugues.

Salle Saint-Nicolas

De dimensions modestes, elle contenait 12 lits occupés par des malades des deux sexes, ce qui choqua profondément Louis XIV lors de sa visite en 1658. Il établit donc une rente de 500 livres à l'Hôtel-Dieu afin que l'on puisse faire de nouveaux aménagements séparant les hommes des femmes. Elle n'a pris ses dimensions actuelles qu'à partir de la seconde moitié du XVIIIème siècle.

La salle Saint-Nicolas abrite aujourd'hui une exposition permanente sur l'Hôtel-Dieu et son histoire, avec notamment une étonnante maquette en paille, réalisée au XVIIIème siècle par un malade. Recouverte d'une vitre et éclairée, une excavation dans le sol permet de voir couler la Bouzaise. Ce cours d'eau assurait l'évacuation des déchets en aval, preuve du souci d'hygiène qui a présidé à la conception des bâtiments.

CIrcuit de visite

Cuisine

La cuisine a fonctionné avec un équipement moderne jusqu’en 1985 pour les pensionnaires de la maison de retraite. Elle a aujourd’hui retrouvé son aspect du début du XXème siècle avec son grand fourneau.

La vaste cheminée gothique à deux foyers demeure la pièce maîtresse, celle-ci a conservé ses accessoires d'époque. Son âtre est tapissé des fameux carreaux ornés de la devise «Seulle». La cromale, grande potence articulée, permet de rapprocher ou d'éloigner les chaudrons du feu.

Le plus spectaculaire est le tournebroche de 1698 animé par un petit automate, «Messire Bertrand». Celui-ci est en costume traditionnel de cuisinier du XVIIe siècle : Il semble tourner la manivelle en veillant sans cesse aux activités de la cuisine.

Cour des Fondateurs

Sous le porche, avant d’entrer à la pharmacie, vous apercevez, au travers de la grille en fer forgé (1785-1786), la cour des Fondateurs avecles statues de Nicolas Rolin et Guigone de Salins réalisées en 1914 et 1923 par Henri Bouchard. Les bâtiments fermant la cour abritaient à l’origine les réserves de grains. Un jardin de plantes médicinales a récemment été reconstitué dans cette cour.

Pharmacie

En pénétrant dans cette salle vous découvrez le travail des sœurs apothicaires qui préparaient les remèdes destinés aux malades hospitalisés.

Sur le fourneau, situé à l’origine dans « le laboratoire », deux imposants alambics en cuivre permettait d’extraire les substances actives des plantes dont certaines étaient issues du jardin « des simples » à l’arrière de cette pièce.

Le tableau, paint par Michel Charles Coquelet Souville en 1751, présente les différentes tâches effectuées dans l'apothicairerie de Claude Morelot au XVIIIème siècle: réduction en poudre de plantes séchées, utilisation du mortier, distillation dans l'alambic et cuisson d'une préparation médicamenteuse.

Dans la seconde salle de la pharmacie ou officine, les étagères présentent une collection de 130 pots de faïence datés de 1782, dans lesquels étaient conservés les onguents, huiles, pilules ou sirops... Les pots de verre contiennent encore des « spécifiques » dont certains laissent rêveur : poudre de cloportes, yeux d'écrevisses, poudre de noix vomiques, élixir de propriété...

Lien pour accéder au RESEAU des HÔTELS-DIEU et APOTHICAIRERIES

Polyptyque

Commandé par le Chancelier Rolin, ce polyptyque du XVème siècle composé de 9 panneaux est attribué à l'artiste Bruxellois Rogier van der Weyden. Représentant le Jugement Dernier, il était accroché au-dessus de l'autel dans la chapelle, mais n'était ouvert à la vue des malades que les dimanches et jours de fête.

Le retable fermé

Nicolas Rolin et Guigone de Salins, agenouillés en prière, se font face, tandis que sont représentés en trompe-l’œil : l'Annonciation, saint Sébastien (patron de chevalerie du Chancelier) et saint Antoine (patron de l'Hôtel-Dieu et de Guigone de Salins) suivi de son cochon.

Le retable ouvert

Le Christ, Juge Suprême, majestueux dans sa robe pourpre, sa main droite levée, fait signe aux élus «Venez à moi les bénis de mon Père…» A l'inverse, sa main gauche est abaissée en signe de désapprobation : «Ecartez-vous de moi, maudits dans le feu éternel…»

Aux pieds du Christ : les quatre anges annonciateurs du Jugement Dernier entourent l'Archange saint Michel. Resplendissant dans le contraste de sa robe blanche et de son manteau écarlate, le visage impassible, il pèse les ressuscités.

Salle Saint-Louis

Créée en 1661 à l'instigation de Louis Bétault, la salle Saint-Louis fut construite à la place d'une grange qui fermait la cour de l'Hôtel-Dieu et servait aussi de cuverie.

Cette haute pièce, au riche solivage, contient de beaux coffres gothiques et Renaissance,Des coffrets, des statues et des vitraux des XVe et XVIe siècles sont exposés dans cette partie de la salle.

De superbes tapisseries : La tenture, tissée à Tournai au début du XVIème siècle, raconte en sept épisodes la parabole de l'Enfant Prodigue. Une autre série de tapisseries de Bruxelles, de la fin du XVIème siècle, évoque l'histoire de Jacob.

La fontaine et les lits du XIXe siècle restent les principaux témoignages de cette salle jadis consacrée aux malades. Cette section témoigne des progrès de la médecine du XIXe au milieu du XXe siècle avec le développement de l’asepsie, de l’anesthésie, de la radiologie entre autres...

Patrimoine viticole: Le vin a toujours joué un grand rôle à la fois comme médication et comme moyen de financement de l’hôpital. Cette extrémité de la salle est consacrée au domaine et à la "Vente des Vins" des Hospices de Beaune qui se déroule chaque 3e dimanche de novembre. Au cours de celle-ci est vendue aux enchères la production annuelle du domaine des Hospices de Beaune. Les bénéfices de la vente et du musée contribuent aux acquisitions de matériel hospitalier et à la modernisation des bâtiments, continuant ainsi l’œuvre de charité de Nicolas Rolin et Guigone de Salins à travers les siècles.

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